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Miser sur les compétences distinctives des femmes pour booster la transformation agroalimentaire.

P401-qualité2 (2)Difficile de contester le fait que les femmes possèdent des compétences distinctives en matière de transformation agroalimentaire. Cet avantage  conduit de nombreuses femmes qui souhaitent se lancer dans des activités génératrices de revenus à choisir la transformation agroalimentaire exercée souvent en famille et souvent à la maison même. C’est ainsi que le paysage de la transformation agroalimentaire se compose en grande partie d’une multitude de petites unités familiales dirigées par des femmes, qui ont pour certaines bénéficié de formations et qui font preuve de beaucoup de dynamisme et de créativité.

Mais au lieu de miser sur ces femmes qui transforment des matières premières locales et de valoriser tous ces savoir-faire, il y a comme un désintérêt pour ces activités voire un discrédit comme si ces activités féminines étaient de moindre valeur. Ces dernières années, des efforts ont été notés pour améliorer la production agricole mais s’agissant de la transformation, tout reste à faire comme si on s’attend à ce que les femmes accomplissent  des miracles avec rien.

Et finalement cette compétence distinctive semble se retourner contre nous.

 Tout d’abord, il est nécessaire que nos pays fassent le choix de la transformation agroalimentaire au sein de micro, petites et moyennes unités industrielles qu’elles soient artisanales, semi-artisanales ou modernes. Aucun pays ne s’est développé sans favoriser la création d’un réseau dense de PME. Dans la transformation agroalimentaire, le ticket d’entrée n’est pas très élevé car on peut démarrer en menant une activité à petite échelle. Mais après les choses se corsent pour ceux qui ont la volonté et la capacité de  progresser et qui ne veulent pas se contenter d’un revenu de subsistance ou  d’appoint car l’environnement est contraignant et peu incitatif.

Ce qu’on observe c’est que les unités de production dirigées par des femmes sont presque toutes dans le secteur informel avec peu de marges de progression.

Mais malgré tout et envers et contre tout, certaines femmes se démarquent, créent des entreprises qui progressent, innovent et réalisent leurs ambitions de mettre sur le marché des produits de qualité.  Ce sont des pionnières et je constate que beaucoup parmi elles ont fait des études secondaires ou supérieures. Elles étaient économistes, architectes, professeurs et un beau jour, par désir d’autonomie et d’indépendance et par goût des responsabilités, elles font le choix de l’entrepreunariat.

Le secteur de la transformation agroalimentaire est particulièrement dynamique, régi par des normes visant à préserver la sécurité sanitaire des aliments qui évoluent continuellement et qu’il faut connaître. Ce sont les femmes qui ont fait des études et qui ont suivi des formations qui peuvent véritablement moderniser ce secteur, valoriser la transformation des produits agricoles, mettre au point de nouveaux produits et créer de la valeur ajoutée. Il y a là tout un boulevard pour les jeunes diplômées qui ont envie d’entreprendre.

Je milite pour que des mesures incitatives soient prises pour les entreprises qui transforment des matières premières agricoles locales :

  • Un accès privilégié à une zone industrielle dédiée et à des bâtiments aux normes
  • Une fiscalité adaptée
  • Un accès facilité à des technologies de pointe pour développer la capacité de production et améliorer la qualité des produits
  • Une discrimination positive en faveur des femmes concernant des financements d’investissements à long et moyen terme.

Loin de moi l’idée d’écarter les hommes de la transformation agroalimentaire mais mon propos est de dire que c’est un secteur où les femmes s’investissent déjà massivement et qu’il serait tout à fait juste et mérité qu’on pense enfin à miser sur elles par des politiques ambitieuses en y mettant les moyens avec des objectifs chiffrés. Ma suggestion serait que toutes les parties concernées travaillent par exemple pour avoir, au Sénégal, dans un horizon de 5 ans, 500 entreprises de transformation de produits agricoles dirigées par des femmes  qui font entre 50 et 500 Millions de Chiffre d’affaires.

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